Oui, il est gros mon pénis

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Avouez que le titre vous a interpellé. Sûrement autant – ou presque – que la première fois que mon garçon s’est présenté dans la toilette en ouvrant la porte sans avertissement, comme ils le font tous, faisant sienne mon intimité en pleine évacuation des surplus.

«Wow, il est gros ton pénis papa.» Le dilemme s’articula dans mon esprit. «Je réponds quoi à ça?» Bien nous en fasse, tous les petits guides qui nous disent comment on devrait s’occuper de notre enfant et qui nous décrivent ce qu’il ressent à tel ou tel moment de son développement, j’ai beau chercher dans «L’Almanach du parfait petit papa», aucun segment n’aborde le thème de la sexualité expliquée aux enfants. Je pourrais utiliser «La méthode Laurent Paquin», lorsqu’il explique la vérité aux enfants, avec sa guitare, pis toute, pis toute. La mère n’apprécierait sûrement pas. Pis c’est sûrement pas la chose à faire, non plus.

Reste que ce serait drôle. M’enfin, dirait Gaston Lagaffe. «Oui Thomas, il est gros mon pénis. Bien plus gros que la moyenne», ai-je répondu. Évidemment pas. Mais je me suis questionné à savoir s’il était préférable que je lui dise simplement que oui, puisque je suis un adulte, le mien est plus gros que le tien ou si je devais pencher vers la grande explication.

Ou les deux. «Mon pénis est plus gros parce que je suis un adulte, Thomas. Et quand les messieurs font leur pipi du matin, ils ont souvent une érection en prime.» Ouf, une étape de franchie. J’ai lancé ça en toute désinvolture, avec une franchise désarmante. Parce que ça devrait être la façon de faire. Notre malaise québécois à parler de sexualité ne devrait pas s’appliquer à l’enfance. En fait, en tout temps, nous devrions être en mesure de parler de sexe sans complexe. Surtout quand, en quelque part, il s’agit d’éduquer son enfant sur la base de la vie. Parce que la cigogne, c’est bien beau, mais au final, ça fait un peu dépassé. On leur explique la mort, la vie, l’accouchement, la maladie, la croissance. On leur parle de choses très sérieuses.

De ce qu’ils peuvent – ou doivent – devenir. On leur dit qu’on aimerait bien ça qu’ils atteignent la LNH. Qu’ils deviennent médecins. Avocats. Ingénieurs.

On leur dit qu’on aimerait bien les voir aboutir avec un baccalauréat, une maîtrise. Mais diantre, évitons de leur dire qu’à une période de leur vie, leur pénis grandira, leur donnera des frissons, puis explosera de joie dans un tourbillon blanchâtre.

Bref, comme il a été conçu. Il faudrait surtout éviter de lui dire que maman et papa ne l’ont pas conçu en priant le Seigneur afin qu’il répète l’innommable don qu’il a fait auprès de Marie et Joseph. Car ces derniers, c’est bien connu, n’ont jamais copulé.pexels-photo

Sauf que malheureusement, ce n’est pas monnaie courante. Vous pouvez toujours essayer de convaincre le Saint-Esprit de vous fertiliser, il faudra faire preuve de patience. Toute cette ironie pour vous dire de parler de sexualité avec vos enfants. De ne pas attendre que les cours d’éducation sexuelle à la polyvalente s’en chargent. Il en résultera de meilleurs adultes, qui développeront une compréhension de la chose, qui repousseront la gêne qui y est (trop) souvent reliée.

Et s’il-vous- plaît, ne vous cachez pas quand vos enfants entrent dans la chambre de bains quand vous sortez de la douche.

Quand ils surgissent alors que vous vous changez dans la chambre à coucher. Expliquez.

Ils comprendront, tsé!

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Marc-André Pelletier

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